La RDC riposte au Rwanda au Conseil de sécurité de l’ONU
À New York, la République démocratique du Congo a vivement réagi aux positions du Rwanda lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation sécuritaire dans l’est du pays. Le représentant congolais, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a remis en cause la crédibilité des engagements rwandais, dans un contexte où Kinshasa accuse Kigali de continuer à saper les efforts diplomatiques.

Le point central de l’argumentation congolaise repose sur un élément désormais documenté officiellement au sein du système onusien : dans une lettre de février 2026 transmise au Conseil de sécurité, la RDC rappelle que le gouvernement rwandais avait lui-même reconnu, dans une déclaration soumise à une commission du Congrès américain en janvier 2026, avoir engagé une « coordination sécuritaire avec l’AFC/M23 » en RDC. Pour Kinshasa, cette reconnaissance affaiblit fortement le discours rwandais de dénégation.
La position congolaise intervient aussi dans un contexte où le Conseil de sécurité a déjà adopté une ligne plus ferme sur ce dossier. En février 2025, le Conseil a appelé le Rwanda à retirer ses forces de l’est congolais et à cesser son soutien au M23. AP rappelait encore récemment que cette exigence internationale demeure, alors que les tensions et les accusations mutuelles se poursuivent.
Dans ce climat, la RDC estime que les initiatives de paix régionales, notamment les processus de Luanda et de Nairobi, sont continuellement fragilisées par les positions rwandaises. Le Security Council Report notait d’ailleurs au début d’avril 2026 que la situation dans l’est congolais restait l’un des principaux sujets de préoccupation du Conseil, tant elle continue d’alimenter les tensions régionales et de compliquer les efforts diplomatiques.

Le langage le plus dur relayé par des publications congolaises et par des comptes proches du dossier affirme que Kinshasa accuse désormais Kigali de chercher à établir une zone d’influence durable dans l’est du Congo, voire de transformer certaines parties du pays en espace d’exploitation. Je n’ai pas pu confirmer mot pour mot, dans une transcription onusienne ouverte accessible ici, l’intégralité exacte de ces formulations telles qu’elles circulent en ligne. Il est donc plus prudent de les présenter comme des accusations politiques attribuées à la partie congolaise, et non comme des citations pleinement vérifiées mot à mot dans une source primaire ouverte.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que la RDC continue de défendre devant les instances internationales une ligne très ferme : le soutien rwandais au M23, la présence militaire rwandaise sur le sol congolais et la poursuite d’une économie de guerre dans l’est du pays sont, pour Kinshasa, incompatibles avec toute avancée sérieuse vers la paix.
Auteur : Mecamedia Africa
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