Au Rwanda, l’appel à « cuisiner une fois par jour » relance le débat sur le coût de la vie

Au Rwanda, des messages attribués au ministère de l’Administration locale appellent les ménages à réduire certaines dépenses énergétiques, notamment en cuisinant moins souvent lorsque cela est possible, en limitant les déplacements non essentiels, en privilégiant les transports publics et en réduisant certains usages domestiques. À ce stade, je n’ai pas trouvé dans les sources ouvertes consultées ici un communiqué officiel complet du MINALOC reproduisant mot pour mot cette formule, mais sa circulation a suffi à déclencher un débat public sur le coût de la vie et la pression énergétique dans le pays.

Ce débat intervient dans un contexte de hausse bien réelle des coûts énergétiques. Début avril, plusieurs médias ont rapporté que le Rwanda préparait l’utilisation future du gaz de méthane du lac Kivu pour la cuisson à partir de 2028, alors que les prix du gaz de cuisine ont fortement augmenté. Un article relayé depuis Kigali indiquait par exemple qu’une bouteille de 12 kg de GPL était passée d’environ 21 000 francs rwandais à près de 30 000 francs rwandais.

Le pays reste particulièrement exposé aux chocs extérieurs en raison de sa position enclavée. La Banque mondiale rappelle que, pour les pays sans accès à la mer, les coûts de transport peuvent représenter 15 à 20 % du coût total des importations, et que les faiblesses logistiques alourdissent encore davantage les échanges régionaux. Cette contrainte structurelle pèse directement sur les prix du carburant, du gaz et de nombreux produits importés.

D’autres analyses économiques récentes soulignent aussi la dépendance du Rwanda aux importations. Un document d’Afreximbank note que l’inflation rwandaise a été alimentée ces dernières années par le coût élevé des approvisionnements, la forte dépendance aux importations, les dépenses publiques et les coûts du carburant et du transport.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs relient la vulnérabilité actuelle non seulement aux chocs mondiaux, mais aussi aux tensions régionales. Les relations difficiles avec plusieurs voisins ont parfois compliqué les corridors commerciaux et l’intégration régionale, même si l’ampleur exacte de cet effet varie selon les périodes et les routes utilisées. Il s’agit ici d’une lecture analytique prudente plutôt que d’un constat chiffré unique. Les contraintes logistiques d’un pays enclavé restent, elles, bien établies.

À cela s’ajoute la pression diplomatique récente autour du dossier congolais. En mars 2026, le Trésor américain a sanctionné l’armée rwandaise et plusieurs responsables militaires pour leur rôle dans l’est de la RDC, tandis que le département d’État a annoncé des restrictions de visas contre des responsables accusés d’alimenter l’instabilité dans les Grands Lacs.

Le débat porte donc sur plus qu’une simple consigne domestique. Pour une partie de l’opinion, demander aux ménages de cuisiner moins ou de se déplacer moins revient à faire porter une partie de l’ajustement sur les citoyens, alors que demeurent des interrogations sur les priorités économiques, l’endettement, les choix budgétaires et la gestion des relations régionales. Cette conclusion relève d’une analyse politique et sociale du contexte actuel.

En résumé, il est solide de dire que la flambée des coûts de l’énergie et des importations place le Rwanda sous pression, et que des appels à la sobriété énergétique circulent dans ce climat. En revanche, la formule exacte sur « cuisiner une fois par jour » doit encore être présentée avec prudence tant qu’un texte officiel complet du MINALOC n’a pas été retrouvé dans les sources ouvertes consultées ici.

Auteur : Mecamedia Africa
Lire aussi : www.Mecamediaafrica.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *