L’aéroport de Goma reste bloqué après le 9e round entre Kinshasa et l’AFC/M23
Le neuvième round des discussions entre les délégués du gouvernement de la République démocratique du Congo et ceux de l’AFC/M23, tenu dans le cadre du processus de Doha mais cette fois à Montreux, en Suisse, n’a pas permis de débloquer la question de la réouverture de l’aéroport international de Goma.
Devant la presse le 22 avril, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23 et membre de la délégation rebelle, a affirmé que la clé de la réouverture se trouvait du côté de Kinshasa. Selon lui, c’est le pouvoir central qui avait fermé l’espace aérien et l’aéroport, et non son mouvement.
Le responsable rebelle soutient aussi que l’aéroport de Goma se trouve dans un état très dégradé. Il évoque une infrastructure pillée, une piste endommagée, des besoins de déminage ainsi qu’une tour de contrôle hors service. Il affirme que l’AFC/M23 n’est pas opposé à l’ouverture, mais demande qu’un travail technique et sécuritaire préalable soit mené avec des garanties.
Sur ce point, les difficultés autour de l’aéroport sont connues depuis plusieurs mois. En février, lors de la visite de la commissaire européenne Hadja Lahbib à Goma, des discussions avaient déjà été engagées sur une possible réouverture humanitaire. À l’époque, il était rappelé que le M23 contrôlait le site au sol, tandis que l’espace aérien restait sous contrôle étatique.
Le coordonnateur politique de la rébellion, Corneille Nangaa, avait lui aussi déclaré en février que les “premiers demandeurs” de la réouverture étaient les autorités présentes à Goma, tout en invoquant des contraintes sécuritaires, techniques et administratives.
La question de l’aéroport de Goma s’inscrit dans un cadre diplomatique plus large. La MONUSCO a salué les progrès réalisés à Montreux entre le 13 et le 18 avril, notamment dans le cadre humanitaire et judiciaire, mais aucun accord décisif sur l’aéroport n’a été annoncé publiquement à ce stade.
L’enjeu reste majeur pour les populations du Nord-Kivu. La réouverture de cette infrastructure est régulièrement présentée par les acteurs humanitaires et diplomatiques comme essentielle pour faciliter l’acheminement de l’aide et rétablir une connexion stratégique avec l’est de la RDC.
En résumé, le 9e round n’a pas permis de faire avancer le dossier. L’AFC/M23 dit être favorable à l’ouverture mais renvoie la responsabilité politique à Kinshasa, tandis que les obstacles techniques et sécuritaires continuent de bloquer tout calendrier concret.
Auteur : Mecamedia Africa
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