KAGAME OUVRE LA PORTE À KABILA : « TOUS CEUX QUI VEULENT UN CONGO STABLE SONT LES BIENVENUS »
Dans l’entretien exclusif accordé à Jeune Afrique, publié le 3 avril 2026, le président rwandais Paul Kagame répond sans détour à une question explosive : la présence de Joseph Kabila à Goma signifie-t-elle qu’il a obtenu un feu vert de Kigali et que le Rwanda le soutient ? La réponse attribuée à Kagame est claire : « Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus. Kabila a fait ses choix. Vous connaissez ses problèmes. Le gouvernement congolais le poursuit, il a été condamné à mort, une partie de ses biens a été saisie et il veut affronter cette situation dans son propre pays. Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage. Cela n’aurait pas de sens. »
Cette déclaration intervient dans un contexte où Paul Kagame continue de se dédouaner de la crise dans l’est de la RDC. Dans le même entretien, il affirme aussi que « le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23, auquel est associé l’ancien président Joseph Kabila ». Par cette formule, il présente le conflit comme un problème politique purement congolais, qui devrait selon lui trouver une solution congolaise.
En refusant d’interdire le passage à Joseph Kabila, condamné à mort par contumace par la justice congolaise en septembre 2025 pour des crimes liés notamment à l’AFC/M23, Kagame donne une forme de légitimité politique à sa présence dans une zone contrôlée par l’AFC/M23. Reuters a bien rapporté que l’ancien président congolais avait été condamné à mort par contumace par un tribunal militaire congolais.
Ces propos font directement écho aux accusations répétées de Félix Tshisekedi, qui soutient depuis des mois que l’AFC est liée à Joseph Kabila. En reprenant aujourd’hui cette thèse, Paul Kagame semble valider une lecture déjà défendue à Kinshasa, mais en l’utilisant pour mieux décharger Kigali de toute responsabilité directe dans la crise.
Alors que l’AFC/M23 contrôle toujours une grande partie du Nord-Kivu et que les négociations de paix restent fragiles, cette interview risque de durcir encore davantage les positions. Kagame y assume en même temps une ligne ferme sur les « mesures de défense » rwandaises, qu’il refuse de lever tant que les menaces invoquées par Kigali, notamment celles liées aux FDLR, ne sont pas traitées selon ses propres termes.
En ouvrant ainsi la porte à Kabila, le dirigeant rwandais envoie un message politique très fort : pour lui, tous ceux qui veulent participer à la lutte pour un Congo stable peuvent être acceptés, même un ancien président poursuivi par Kinshasa. Cette prise de position pourrait nourrir encore plus la méfiance entre la RDC et le Rwanda, au moment où la communauté internationale continue d’observer de près les liens entre Kigali, l’AFC/M23 et les dynamiques politiques congolaises.
Auteur : Mecamedia Africa
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