Minova : le directeur de Radio Top Buzi retrouve la liberté après plusieurs jours de détention

Le directeur de la Radio Top Buzi, basée à Minova dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, a retrouvé la liberté après plusieurs jours de détention, selon des sources locales relayées par ACTUALITE.CD et confirmées par des témoignages proches de la station. Le média congolais a indiqué ce 7 avril 2026 qu’Espoir Mbata a été libéré après avoir été détenu par l’AFC/M23. 

D’après les informations rendues publiques auparavant par Reporters sans frontières, Espoir Mbata avait été arrêté tôt le 29 mars 2026 dans les locaux de la radio par trois individus se présentant comme membres du M23. Il avait ensuite été détenu une journée dans l’ancien cachot de police de Minova avant d’être transféré à Goma, où son lieu exact de détention n’était plus connu. 

Cette interpellation serait liée à la diffusion, sur les ondes ou via les circuits d’information de la radio, d’éléments faisant état d’un retrait rebelle de certaines localités autour de Minova entre le 23 et le 28 mars 2026. RSF expliquait que, la veille de son arrestation, le journaliste avait partagé dans un groupe WhatsApp une vidéo montrant un rassemblement populaire après l’annonce d’un retrait présumé du M23 de certaines zones, alors que Minova restait sous contrôle du groupe. 

Avant sa remise en liberté, la famille biologique d’Espoir Mbata ainsi que ses collègues avaient entrepris des recherches dans différents lieux de détention de la région, sans succès. Face à cette disparition, ils avaient fini par alerter l’opinion publique et plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse. RSF avait fermement condamné ce qu’elle qualifiait de détention arbitraire et exigé la libération immédiate du journaliste. 

L’organisation internationale avait également dit craindre une aggravation des atteintes contre les professionnels des médias dans les zones touchées par le conflit armé dans l’est de la RDC. Dans son communiqué, elle rappelait que l’est du pays est devenu l’un des épicentres des violations de la liberté de la presse dans la région des Grands Lacs, et que des dizaines de radios communautaires ont déjà été pillées, détruites ou contraintes de suspendre leurs activités depuis 2024. 

Si la libération d’Espoir Mbata est saluée par ses proches, ses collègues et de nombreux défenseurs de la presse, cet épisode relance les inquiétudes sur la sécurité des journalistes dans les zones sous tension. Dans un contexte de guerre, de contrôle armé de certains territoires et de circulation d’informations sensibles, les professionnels des médias restent particulièrement exposés à l’intimidation, aux arrestations arbitraires et aux enlèvements. 

Cette affaire souligne une nouvelle fois la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des journalistes dans les zones de conflit, afin de garantir le libre exercice de leur profession et le droit du public à une information indépendante. À Minova comme ailleurs dans l’est du pays, la liberté retrouvée d’Espoir Mbata est donc perçue autant comme un soulagement que comme un rappel de la fragilité extrême du travail journalistique sous pression armée. 

Auteur : Mecamedia Africa

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Tags : #RDC #Minova #Kalehe #SudKivu #EspoirMbata #RadioTopBuzi #AFCM23 #Goma #LibertéDeLaPresse

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