Le Burkina Faso rejette un rapport de Human Rights Watch sur plus de 1 800 civils tués
Le Burkina Faso a rejeté les conclusions d’un rapport publié par Human Rights Watch, qui affirme que plus de 1 800 civils ont été tués dans le pays depuis 2023 et que des abus commis par les forces gouvernementales, leurs milices alliées et un groupe armé lié à Al-Qaïda peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Dans sa réaction, le gouvernement burkinabè a dénoncé un rapport mensonger, parlant d’« allégations graves sans fondement » et affirmant que ce document n’avait qu’un seul objectif : ternir l’image des forces armées du pays, qu’il présente comme engagées avec professionnalisme dans la lutte contre les groupes jihadistes. Cette réponse s’inscrit dans la continuité des démentis déjà opposés par les autorités à d’autres accusations visant leurs opérations contre l’insurrection.
Le rapport de Human Rights Watch, publié le 2 avril 2026, affirme qu’environ 1 837 civils ont été tués lors de 57 incidents entre janvier 2023 et août 2025. Selon l’organisation, 1 255 de ces morts seraient attribuées aux forces de sécurité burkinabè et à leurs milices alliées, tandis qu’un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, en particulier le JNIM, est aussi accusé de massacres contre les civils.
Human Rights Watch soutient également que le capitaine Ibrahim Traoré et six hauts commandants militaires pourraient être tenus responsables de ces abus et devraient faire l’objet d’enquêtes. L’organisation ajoute que cinq dirigeants jihadistes pourraient eux aussi être poursuivis pour des faits similaires.
L’un des points les plus lourds du rapport concerne les accusations d’épuration ethnique visant particulièrement des civils peuls. Human Rights Watch affirme que certains villages soupçonnés de sympathies envers les groupes armés ont subi de violentes représailles de la part des forces de l’État et de leurs alliés.
Ces révélations interviennent alors que le régime du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par coup d’État en septembre 2022, justifie son maintien à la tête du pays par la nécessité de combattre l’insurrection jihadiste. Pourtant, plusieurs sources internationales estiment que la situation sécuritaire s’est encore aggravée sous la transition militaire, avec des millions de déplacés et de vastes zones échappant toujours au contrôle de l’État.
Le rejet officiel du rapport ne met donc pas fin à la controverse. Il ouvre au contraire un nouveau face-à-face entre les autorités burkinabè et les organisations de défense des droits humains, sur fond de guerre, de restrictions politiques et de fortes tensions autour de la responsabilité de l’armée dans les violences contre les civils.
Auteur : Mecamedia Africa
Lire aussi : www.Mecamediaafrica.com
Tags : #BurkinaFaso #HumanRightsWatch #IbrahimTraore #Sahel #Jihadisme #DroitsHumains #JNIM #Afrique
