Guerre du M23 dans le Kivu : au Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi alerte sur des entreprises illégales et les recettes de l’AFC/M23
Dans un nouveau signal d’alarme sur l’économie de guerre dans l’est de la RDC, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, affirme qu’environ 1 750 entreprises, à dominante chinoise, opéreraient illégalement dans la province, pendant que les rebelles du M23/ARC et de l’AFC-Alliance Fleuve Congo généreraient entre 17 et 20 millions de dollars par mois de recettes provinciales. Selon lui, « tout transite par le Rwanda ».
À ce stade, je n’ai pas trouvé de source ouverte et pleinement vérifiable confirmant exactement le chiffre de 1 750 entreprises ni celui de 17 à 20 millions USD par mois dans un document officiel accessible. En revanche, plusieurs sources crédibles montrent que Jean-Jacques Purusi dénonce depuis longtemps l’ampleur de l’exploitation minière irrégulière dans le Sud-Kivu. En juillet 2024, il parlait d’au moins 147 entreprises minières chinoises opérant illégalement dans la province. En avril 2025, d’autres publications rapportaient qu’il évoquait déjà 1 600 entreprises minières illégales recensées au Sud-Kivu.
Le gouverneur avait aussi appelé publiquement, en janvier 2025, les exploitants chinois exerçant de manière irrégulière à se mettre en ordre avec la loi congolaise, tout en distinguant les opérateurs légaux des exploitants clandestins. Cela confirme que la question des réseaux miniers illégaux, notamment liés à des acteurs chinois, est bien un sujet central dans ses prises de position.
Sur la question des recettes rebelles, le chiffre de 17 à 20 millions USD par mois apparaît pour l’instant surtout dans des publications relayées sur les réseaux sociaux et des reprises secondaires attribuées au gouverneur. Je n’ai pas trouvé de confirmation indépendante solide de ce montant dans une source institutionnelle ouverte. Il faut donc présenter cette estimation comme une affirmation attribuée à Jean-Jacques Purusi, et non comme un chiffre définitivement établi.
Ce qui est plus largement documenté, en revanche, c’est que les autorités congolaises accusent depuis des mois les réseaux rebelles et leurs soutiens de s’appuyer sur les ressources minières et les circuits transfrontaliers pour financer la guerre dans l’est du pays. Le Sud-Kivu reste au cœur de cette bataille économique, sécuritaire et géopolitique, où l’exploitation des minerais, les routes de contrebande et les rivalités régionales s’entremêlent étroitement.
Si les chiffres avancés par le gouverneur se confirment, ils illustreraient l’ampleur de l’économie parallèle qui se serait développée dans la province sous la pression de la guerre. Ils renforceraient aussi les accusations de Kinshasa sur le rôle joué par le Rwanda dans les circuits de sortie des minerais issus des zones affectées par le conflit.
Auteur : Mecamedia Africa
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