Bobi Wine accuse Museveni d’être pire qu’Idi Amin

S’exprimant depuis Washington dans un entretien accordé à Mail & Guardian, l’opposant ougandais Bobi Wine a fortement durci son discours contre le président Yoweri Museveni, allant jusqu’à affirmer que son régime serait plus répressif que celui de l’ancien dictateur Idi Amin. Dans cet entretien publié le 25 mars 2026, il déclare sans détour : « Museveni est 10 fois pire qu’Amin. » 

Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi Ssentamu, explique qu’il a quitté l’Ouganda pour sauver sa vie, dans un contexte qu’il présente comme une lutte entre les citoyens et un système de pouvoir solidement enraciné. Selon Associated Press, il a révélé avoir fui le pays après s’être caché à la suite de l’élection présidentielle contestée du 15 janvier 2026, affirmant avoir été visé par des raids militaires et des menaces. 

Dans ses propos rapportés, il insiste néanmoins sur le fait que son combat reste centré sur son pays. Il affirme avoir dû se mettre en sécurité pour pouvoir s’exprimer devant le monde, tout en assurant qu’il compte revenir, malgré les risques. Cette ligne rejoint le ton général de son entretien à Mail & Guardian, dans lequel il se présente comme un opposant en exil temporaire, mais toujours engagé dans la bataille politique ougandaise. 

L’opposant revient également sur la présidentielle du 15 janvier 2026, qu’il rejette fermement. Les résultats officiels ont accordé 71,65 % des voix à Yoweri Museveni contre 24,72 % à Bobi Wine, des chiffres confirmés par plusieurs sources de presse. Mais l’opposant soutient que ce scrutin n’était pas une véritable élection et dénonce un processus marqué par la répression, l’intimidation et de graves irrégularités. 

Dans ce contexte, Bobi Wine affirme avoir été placé en résidence surveillée après le vote et accuse les forces de sécurité d’avoir harcelé sa famille. AP rapporte qu’il dit avoir échappé de peu à une arrestation après une descente de militaires à son domicile, alors même que les autorités niaient le poursuivre officiellement. 

Il pointe aussi le rôle du général Muhoozi Kainerugaba, chef militaire ougandais et fils de Yoweri Museveni, qu’il présente comme l’une des figures les plus menaçantes du système actuel. Selon AP, Bobi Wine a dénoncé un climat de peur entretenu par l’appareil sécuritaire, tout en affirmant que même au sein des forces en uniforme, certains seraient eux aussi oppressés et auraient facilité sa fuite. 

Désormais aux États-Unis, l’opposant appelle la communauté internationale à aller plus loin, notamment à travers des sanctions ciblées contre des responsables ougandais. Il estime qu’une simple condamnation diplomatique ne suffit plus face à ce qu’il décrit comme un durcissement autoritaire du régime. Dans le même esprit, il reproche à plusieurs dirigeants africains de privilégier la diplomatie au détriment de la démocratie, tout en saluant les rares voix critiques, comme celle de l’ancien président botswanais Ian Khama. 

À travers cette sortie, Bobi Wine cherche à internationaliser davantage la crise ougandaise et à maintenir la pression sur le régime de Museveni. Son entretien intervient dans un climat politique très tendu, alors que l’Ouganda reste confronté à de fortes accusations de dérive autoritaire après une nouvelle victoire électorale contestée du président sortant. 

Auteur : Mecamedia Africa

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